Et si, pour concevoir un projet Ă plusieurs, il fallait dâabord marcher cĂŽte Ă cĂŽte, sâĂ©couter sans parler, partager lâeffort, lâespace, le feu ?
Ces derniers jours, jâai vĂ©cu une expĂ©rience forte, aux cĂŽtĂ©s dâAgnĂšs Candiotti et Corinne Stanzer, oĂč la co-crĂ©ation sâest invitĂ©e autrement : par le corps, la lenteur, le silence, la beautĂ© du vivant.
Je vous emmĂšne dans ces deux Ă©pisodes, deux instants suspendus oĂč la relation prĂ©cĂšde lâaction, et oĂč le projet prend racine dans lâhumain.
đ Ăpisode 1 â Une randonnĂ©e pour se retrouver, marcher, imaginer…Â
Avec AgnĂšs Candiotti, nous avions ce projet un peu fou : explorer ensemble une maniĂšre dâanimer des groupes et des entreprises⊠en pleine nature.
Pour cela, il nous fallait dâabord nous retrouver, marcher, bivouaquer, vivre lâexpĂ©rience.
Je lâai rejointe chez elle, dans les Hautes-Alpes. Direction le pic de Gleize. Un sommet, une ascension, un terrain de jeu et dâexpĂ©rimentation.
Une diversitĂ© de paysages, un temps changeant â comme la vie. Nous avons pris le temps dâĂ©couter, de sentir, de regarder. DâĂȘtre lĂ , tout simplement.
La beauté brute du paysage nous a portées.
Ce fut aussi lâoccasion de nous Ă©prouver physiquement, de dĂ©couvrir nos forces, nos limites, de nous rencontrer autrement â dans lâeffort, dans le silence, dans le souffle court et les partages d’expĂ©rience.
Ces retrouvailles ont donnĂ© naissance Ă bien plus quâun simple moment partagĂ© : une maniĂšre de penser notre dĂ©sir de coopĂ©ration, dâimaginer lâanimation autrement, enracinĂ©e dans le vivant, au rythme de la marche.
Et si crĂ©er un projet, câĂ©tait dâabord marcher ensemble ?
Et si câĂ©tait en se reconnectant Ă la nature quâĂ©mergeaient les idĂ©es les plus justes, les Ă©lans les plus sincĂšres ?
Quâest-ce qui germera de cette expĂ©rience aussi belle quâinoubliable ?



đ„ Ăpisode 2 â Une nuit sous les Ă©toiles, le feu dâune relation naissante
đ đđ§đ đ§đźđąđ đÌ đ°, đŠđđąđŹ đđđŹ đĆđźđ«đŹ đđąđđ§ đđź đđĄđđźđ !
AprÚs 9h30 de marche (oui, tu as bien lu), notre exploration a pris une tournure plus intense que prévu.
Avec AgnÚs Candiotti, nous avons rejoint Corinne Stanzer, guide de montagne, pour vivre un bivouac relationnel et coopératif.
CâĂ©tait ma premiĂšre rencontre avec Corinne, et cette rencontre sâest faite dans la simplicitĂ© et la pleine nature.
Monter le camp ensemble, chercher du bois, allumer le feu, prĂ©parer un petit repas â autant de gestes qui ont tissĂ© un premier lien.
Un temps pour se découvrir autrement, loin des cadres habituels.
Photolangage, messages symboliques, exploration du Yin Jing : autant de portes dâentrĂ©e vers une autre maniĂšre dâĂȘtre en lien.
Jâavais imaginĂ© que nous lancerions tout de suite lâexploration dâune coopĂ©ration Ă trois.
Mais ce que jâai compris, câest que la rencontre vient dâabord.
Avant toute projection : apprivoiser lâautre, dĂ©poser ce qui est lĂ , accueillir les diffĂ©rences, faire confiance au temps. Dans la fraicheur du petit matin, nous avons debriefĂ© et oser mettre en lumiĂšre ce qui ne se disait pas encore. Un beau moment d’authenticitĂ© !
Lors de ce bivouac, nous avons vĂ©cu le prĂ©ambule essentiel : celui qui permet de rĂȘver un projet commun sans forcer le pas.
Allier nos ressources, nos singularitĂ©s, nos sensibilitĂ©sâŠ
Et simplement partager un bon moment, sous les Ă©toiles, dans la fraĂźcheur dâune nuit Ă 6° (oui, oui !), mais avec une chaleur humaine inattendue.
Ce soir-lĂ , nous nâavons pas lancĂ© un projet, nous avons lancĂ© une relation â et câĂ©tait la meilleure maniĂšre de commencer.
Peut-ĂȘtre est-ce ainsi que germent les vraies coopĂ©rations : au rythme de la nature, dans la confiance patiemment tissĂ©e.
Pause introspective
Nous parlons souvent de coopĂ©ration, de co-animation, de projets partagĂ©s…
Mais combien de fois prenons-nous vraiment le temps de nous rencontrer avant de vouloir créer ensemble ?
Combien de fois, nous nous lançons tĂȘte baissĂ©e dans la production, sans s’assurer, sans construire et prendre soin de la relation, sans s’assurer de l’existence d’une vision partagĂ©e ?
Et si ralentir, marcher, bivouaquer devenait un acte fondateur, aussi stratégique que sensible, dans nos façons de travailler et de tisser des liens ?
đ Et toi, quelle place donnes-tu au temps de la relation dans tes projets ?
Ă quoi ressemblerait ton prochain espace de rencontre si tu lâimaginais dans la nature, en confiance, sans objectif immĂ©diat ?
Je serais heureuse de lire tes échos, tes ressentis ou tes propres expériences.
Ă bientĂŽt sur les chemins,
Emilie
